Rencontres cinématographiques de Hergla – Hommages à Sotigui Kouyaté et Haïti

Hergla Cinema
La sixième édition des Rencontres cinématographiques de Hergla, a démarré le 31 juillet dernier. La ville côtière d’Hergla située à une vingtaine de kilomètres au nord de Sousse en Tunisie, sera jusqu’au 6 août prochain le lieu de célébration de films venant d’horizons divers. Les hommages à Sotigui Kouyaté, disparu le samedi 17 avril à Paris et au peuple haïtien qui a connu un tremblement de terre sans précédent le 12 janvier dernier, constitueront des moments forts du festival.
Pour rendre hommage à l’acteur de cinéma et au sage burkinabé, Sotigui Kouyate, les Rencontres cinématographiques de Hergla projetteront le long-métrage «La Genèse» l’un des films dans lesquels il a joué. La projection se fera en présence du réalisateur du film, le Malien Cheick Oumar Sissoko. De son vivant, Sotigui Kouyate a eu l’occasion de participer à une des précédentes éditions des Rencontres cinématographiques de Hergla, en 2007. Le communiqué de presse parvenu à la rédaction de Cinéafrique, précise qu’à cette édition, Kouyaté «…rencontra les jeunes du village et partagea son temps et sa sagesse avec tous, montrant ainsi que même le coin le plus petit de son Afrique faisait partie de lui. Il avait en effet comme une magique prédisposition à prendre l’Autre sous sa protection. » L’œuvre de Kouyaté en tant qu’acteur de théâtre est également mise en valeur dans le communiqué en ces termes, « le travail qu’il a fait avec Peter Brook l’a élevé au niveau universel. Il a atteint le sommet de la générosité quand il travailla sur Mahabharata (1988), un merveilleux monument de cinéma et de théâtre réalisé dans le cadre du Centre international de Création Théâtrale (Les Bouffes du Nord Paris)…Il avait probablement quelque chose de divin, parce qu’il était grand de taille, mais surtout pour la chaleur humaine qu’il prodiguait autour de lui. »
Un film sur les Africains de la guerre d’Indochine

Mariama Sylla
Suivant la trace des cinéastes comme Sembène Ousmane (Le Camp de Thiaroye), Rachid Bouchareb (Indigènes), la documentariste sénégalaise, Mariama Sylla Faye, revisite l’histoire politique africaine à travers son nouveau film « Tirailleur Marc Guèye : ma plume, mon combat ». Le documentaire qui sort en avant-première ce 29 juillet à Dakar, présente le parcours d’un ancien combattant sénégalais, ayant participé à la guerre d’Indochine entre 1953 et 1955. Le film de Mariama Sylla Faye, s’inspire du livre Un tirailleur sénégalais dans la guerre d’Indochine 1953-1955, publié en 2009 aux Presses universitaires de Dakar, et dont l’auteur est le septuagénaire et ancien combattant, Marc Guèye. Mariama Sylla Faye affirme, « l’idée de ce film m’est venue quand j’ai lu dans un article du quotidien sénégalais Le Soleil toutes les difficultés que Marc Guèye a eues pour éditer son livre. J’ai été très touchée par ce parcours atypique jalonné de douleurs mais aussi d’espoirs. C’est à ce moment que je me suis dit que ce vieux monsieur méritait un documentaire portrait, et en plus c’est un personnage impressionnant.»
Writing in/as/on Exile

U-Albany Logo
Le titre de cet article introductif n’est rien d’autre que celui de la quatrième conférence pour chercheurs, qui se tient chaque année à l’Université d’Etat de New York, campus d’Albany. Le 16 avril dernier, des doctorants et enseignants-chercheurs d’autres universités américaines sont venus se joindre à leurs collègues et amis d’Albany, pour échanger sur les différentes écritures et interprétations de l’exil tel qu’abordé dans les œuvres de fiction, et vécu dans la réalité. Plus de quinze communications ont été présentées, en anglais, espagnol et français. Le conférencier principal est l’écrivain José Manuel Prieto. Une table ronde a été aussi organisée le même jour sur le thème « Literatures and/of/as Exile ». Un article portant sur la quatrième conférence annuelle pour les chercheurs en littératures et cinémas, figure dans le newsletter dont voici le lien : http://www.albany.edu/llc/llcnewsletter_SprSum_2010.pdf
Dieu a-t-il tourné le dos à l’Afrique ?

Le banc des égarés
Formulée autrement, c’est la grande et inquiétante question que pose Musa Kala Dieng dans son documentaire Dieu a-t-il quitté l’Afrique ?, un moyen métrage réalisé en 2008, et dont la maison de production est l’Office national du film du Canada. Bien que j’aie déjà regardé le film pour la préparation d’une communication donnée en mars dernier dans l’Arizona, je l’ai revu à plusieurs reprises, d’une part pour comprendre le sens profond de la question qui est le titre du film, et d’autre part pour compléter le pan d’une réflexion que je mène sur les multiples raisons, avouées et inavouées qui nous poussent les jeunes Africains à prendre le chemin de l’Occident, souvent au péril de leurs vies. Une autre question que je commence à me poser en regardant de nouveau Dieu a-t-il quitté l’Afrique ? est de savoir pourquoi le cinéaste Musa Kala Dieng, tout en se limitant à l’étude du cas sénégalais, évoque l’Afrique dans le titre. L’Afrique peut-elle se réduire au Sénégal ? Le Sénégal à lui seul peut-il symboliser l’Afrique dans son entièreté, et porter tout seul ses fardeaux, ses espoirs, ses réalités pas forcément négatives comme on pourrait le penser ? Les problèmes que connaissent la jeunesse sénégalaise et le Sénégal en tant que pays souverain sont-ils les mêmes dans les autres pays africains, tout au moins ceux dans lesquels on parle français, à l’instar du Sénégal ? Autant de questions auxquelles je continuerai à réfléchir pour de futures communications sur la portée du film de Dieng, car son film semble offrir plusieurs pistes de recherche, et de multiples et possibles interprétations.
Le Maghreb tel que les universitaires l’imaginent

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Le cinéma et la littérature du Maghreb occupent une place importante dans l’enseignement des cultures francophones, dans les universités nord-américaines. La revue du Centre d’études des littératures et des Arts d’Afrique du Nord, dans sa toute dernière parution, a ouvert ses pages à une réflexion sur la manière dont les hommes de culture imaginent le Maghreb. Des œuvres cinématographiques de grande qualité ont été citées par les auteurs des différents articles, pour étayer leur argumentation. J’ai pris plaisir à lire l’article “Immigrations, espaces et identités”, et je souhaiterais vous en parler, tout en vous précisant que le numéro spécial contient aussi des notes de lectures assez riches d’informations.

