FESPACO ’2013 – Déclaration de Ouagadougou

COLLOQUE FESPACO 2013

Fespaco clap, Crédits : africanwomenincinema.blogspot.com

Fespaco clap



Cinema africain et politiques publiques en Afrique
26- 27 fevrier 2013

Ouagadougou, le 27 février 2013

Nous, participants

Réunis à l’occasion du colloque de la 23ème édition du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) du 26 au 27 février 2013, tenu sur le thème « Cinéma Africain et Politiques Publiques en Afrique », considérons ce colloque comme une étape importante pour les Etats africains à s’interroger sur une nouvelle approche des politiques publiques qui tienne compte des enjeux liés à la révolution numérique et à la mondialisation des échanges.

Nous, participants

Avons résolu de lancer un appel à tous les chefs d’Etats d’Afrique

Nous, participants appelons les Etats africains à :

Par ailleurs, nous participants

Annonnces, fespaco 2013

Fespaco’2013 – Tey, conte philosophique sur la vie et la mort

Tey (Aujourd'hui), Crédits : sudplanete.net

Affiche - Tey (Aujourd'hui)

Comment vivre tout en sachant qu’on est en train de passer son dernier jour sur la terre, à côté de ceux qui vous aiment et vous méprisent?

Satché, le personnage principal du film Tey du Sénégalais Alain Gomis, en a fait l’expérience. De son vivant, il a entendu les uns et les autres faire leurs témoignages de sympathie et d’antipathie à son endroit, comme lors des veillées funèbres et funérailles tout à fait normales. Certains trouvaient qu’il était gentil, serviable, quand d’autres évoquaient son côté un peu lâche et égoïste. En dehors de cela, Satché voyant sa mort venir est allé chez son oncle, qui prépare les morts avant leur départ pour l’au-delà, pour qu’il l’aide à vivre la même expérience. C’est ainsi que l’oncle l’a fait allonger pour lui montrer comment il prépare les morts avant leur dernier voyage. Grâce à une esthétique qui mêle le théâtre et la poésie, Alain Gomis a su allier les moments joyeux et pénibles, pour mieux montrer les réactions des proches de Satché, face à l’imminence de son départ du monde terrestre. “Ne pars pas, ne pars pas mon fils”, lui soufflait sa mère à l’oreille, tout en le serrant très fort dans ses bras. Des moments d’émotion que le cinéaste a su bien immortaliser grâce à un maniement assez juste de la caméra.

En faisant un usage assez judicieux et modéré des flash-back, le réalisateur franco-senégalais a permis au spectateur de remonter au passé de Satché pour découvrir le grand amour qu’il a pour sa femme. Un amour tellement fort que cette dernière refuse qu’il la touche à quelques heures de sa disparition annoncée, de crainte de ne plus pouvoir vivre les mêmes moments de joies par la suite.

Film difficile à comprendre par moments, à l’instar de Pegase du Marocain Mohamed Mouftakir, Tey (aujourd’hui) est un conte philosophique sur la vie et la mort, sur leur signification pour chaque être humain, sur l’utilité de la présence de l’Homme sur cette terre. Tey qui veut conquérir l’étalon d’or de Yennenga 2013, est aussi une réflexion sur la place qu’occupe chaque personne dans notre coeur, dans notre vie. Cela est d’autant vrai qu’après avoir su que sa mort est imminente, Satché a rendu visite à des parents, à son premier amour, aux amis avec qui il a passé de bons moments et visité des endroits de Dakar qui lui sont chers. Mais après toute cette randonnée à travers la ville de Dakar, Satché a tenu à revenir à la maison, pour passer ses dernières heures en compagnie de sa femme et de ses deux enfants. Ce qui montre la place qu’ils occupent dans son coeur. Un peu comme l’immigré qui rêve de mourir à côté des siens au pays, Satché a préféré rentrer chez lui pour vivre quelques heures d’intenses joies, en improvisant une partie de jeux avec ses enfants.

Pourquoi une réflexion sur la mort quand les humains aspirent généralement à la vie? C’est la question que peut se poser légitimement le cinéphile après avoir vu ce long-métrage de 88 minutes, dont la fin ne montre pas clairement que Satché est effectivement mort. C’est certainement une façon pour le cinéaste de dire qu’après la mort il y a une autre vie, et que l’être humain ne devrait pas avoir peur de la mort, qui n’est rien d’autre qu’une autre forme de vie.

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Critiques, fespaco 2013, Résumés de films

Fespaco’2013 – La pirogue, des rêves de bonheur qui coulent

Affiche - La pirogue

Affiche - La pirogue

Le 25 février dernier, le public du cinéma Burkina à Ouagadougou était trés ému par les multiples histoires contenues dans La pirogue, un long-métrage du Sénégalais Moussa Touré. Selon l’auteur, l’histoire racontée dans le film se déroule dans “Un village de pêcheurs en grande banlieue de Dakar d’où partent de nombreuses pirogues. Les traversées en direction des îles Canaries sont souvent tragiques. Baye Laye est capitaine d’une pirogue de pêche, il connaît la mer avec tous les risques possibles de pertes en vies humaines. Ainsi, malgré sa réticence il devra conduire 30 personnes en Espagne. Certains n’ont jamais vu la mer et personne ne sait ce qui l’attend…” Cette incertitude a fait que Baye Laye a hésité pendant longtemps avant d’accepter de conduire la pirogue qui devait emmener les jeunes et moins jeunes issus de milieu socio-professionnels différents vers des lendemains, qu’ils espéraient meilleurs. Sa femme lui avait même entre-temps suggéré d’aller plutôt en Chine, sous prétexte que l’Europe vivait une crise économique.

La pirogue est un ensemble d’histoires personnelles savamment mises en valeur pour capter l’attention du spectateur. Entre autres histoires, il y a celles de l’homme qui avait une seule jambe et qui affirme, “je pars pour ma petite et ma jambe, pour aller trouver un appareil pour ma jambe”, de la jeune Nafi qui allait rejoindre son homme en France et qui affirmait qu’un travail l’attendait déjà la-bas. La pirogue, c’est aussi l’histoire d’Omar parti plus tôt en Europe, et qui a commencé à construire une maison au Sénégal. Une construction qui a poussé des jeunes comme le petit frère de Baye, à vouloir aller coûte que coûte en Europe, pour “devenir riche et construire des maisons à étages.” Autant de rêves finalement brisés par les vagues de la mer qui ont eu raison de l’embarcation qu’ils ont empruntée, pour gagner les côtes espagnoles avec l’intention d’entrer en Espagne et de rejoindre plus tard des pays comme la France.

Moussa Touré a voulu montrer à travers les 87 minutes qu’a duré le film, que la traversée de la mer est pleine de conséquences désastreuses pour ceux qui osent la faire. Il a montré cela grâce aux images désolantes des candidats à l’immigration décédés. Il voulait également prouver que l’eldorado tant convoité par les candidats à l’immigration n’est pas toujours au rendez-vous. Le retour de certains d’entre eux au pays, bredouilles, sans rien, est un signal suffisant envoyé aux autres tentés par ce voyage.

Au même moment, Moussa Touré veut pousser les autorités à prendre leurs responsabilités, à ne pas attendre les dégâts pour venir distribuer des sommes de dix mille francs et un sandwich à chaque candidat à l’immigration revenu pays, faute d’avoir pu réaliser son rêve de bonheur en Occident. La pirogue est un film profondément politique que Moussa Touré a réalisé. C’est une oeuvre qui attire l’attention des autorités politiques sénégalaises, mais aussi africaines, sur la nécessité de mettre en place des politiques de répartition équitable des richesses nationales, pour éviter que des drames comme ceux de La pirogue ne se reproduisent. Film dont les images de jour et de nuit sont bien prises pour mieux montrer les états d’âmes de chacun à ces différents moments de la traversée, La pirogue est une oeuvre réussie sur une réalité douloureuse qu’est le départ des braves valides de l’Afrique vers l’Occident, contraints par les difficiles conditions de vie dans leurs pays respectifs.

Le fait d’avoir fictionnalisé à travers La pirogue une réalité connue de beaucoup d’Africains, Moussa Touré opte pour un traitement plus profond et plus touchant du phénomène de l’immigration clandestine. En procédant de cette façon le caractère dramatique est plus ressorti. Ce qui aurait été peut-être difficile à montrer dans un documentaire.

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Fespaco’2013 – Yema, l’expression de la douleur d’une mère

Affriche - Yema,  Crédits : leblogducinema.com

Affriche - Yema

En compétition pour l’étalon d’or de Yennenga, Yema réalisé par l’Algérienne Djamila Sahraoui, a ouvert officiellement le Fespaco le 24 février dernier au cinéma Burkina à Ouagadougou.

Le film s’ouvre sur la vieille Ouardia traînant le corps de son fils Tarek décédé dans des conditions pas tout à fait claires. Yema se termine également par l’enterrement d’Ali, second fils de Ouardia. Au-delà de la mort des deux enfants, Djamila Sahraoui a fait un film sur la situation politique de l’Algérie dans les années 1990, période au cours de laquelle la menace islamiste était quasi permanente sur le pays. A preuve, Ali est membre d’un groupe armé qui se cache dans un des maquis situés dans les campagnes algériennes, éloignées de l’emprise du pouvoir politique d’Alger et de la présence militaire. Néanmoins on voit dans le film des militaires algériens qui circulent dans les campagnes. Yema est un film qui montre la méfiance des uns vis-à-vis des autres et la peur dans laquelle vivent les populations, y compris dans les campagnes les plus reculées comme celle où vit la vieille Ouardia, cultivant des tomates et autres légumes, juste pour sa consommation personnelle. En dehors de l’aspect politique, Djamila Sahraoui nous permet de vivre les douleurs d’une femme qui a perdu son fils aîné, officier, pilier de la famille. Dans une campagne presque inhabitée, Ouardia prepare quelques petits gâteaux pour célébrer le quarantième jour de la disparition de son fils Tarek, et va rester à un carrefour pour les distribuer à d’éventuels passants. A sa grande surprise, son fils Ali vient du maquis pour tenter de partager la douleur avec elle, mais elle préfère ranger son étalage pour rentrer à la maison. Pour Ouardia, la présence d’Ali vient gâcher la célébration du quarantième jour. Difficile pour la vieille de s’entendre avec Ali qu’elle accuse d’être à l’origine de la mort de son frère. Difficile pour elle également de s’entendre avec lui parce qu’il a pris de force la femme de Tarek. De cette relation est sorti un garçon qu’Ali ne pouvait pas garder au maquis. La grand-mère prend en charge le bébé et le nomme Tarek, en souvenir de son fils disparu. Yema est aussi un film sur l’amour qu’une mère peut avoir pour ses enfants. Le film nous montre bien une préférence pour Tarek en raison des qualités d’homme qu’il possédait au détriment d’Ali, qui a quitté la maison pour élire domicile dans un maquis. Revenu à la maison avec une balle dans les jambes, Ouardia est restée pendant longtemps insensible à la douleur d’Ali, allant jusqu’à cacher l’anti-douleur qu’on lui a donné. Malgré tout après la mort d’Ali survenue loin de la maison, la mère place les deux béquilles qu’il utilisait à côté de la tombe de Tarek, formulant le voeu qu’ils se reposent tous en paix. Même après la mort, la réconciliation entre des personnes qui ne s’entendaient pas, est possible. C’est un des messages forts du long-métrage de Djamila Sahraoui.

Yema est un film à voir pour mieux comprendre la souffrance d’une mère qui a perdu ses enfants, la situation de peur qui planait sur l’Algérie dans les années 1990, ainsi que la nécessité de la paix des coeurs.

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Commentaires, fespaco 2013, Résumés de films

Quelques reformes a partir de la 24eme edition en 2015

Dans son allocution de cloture, le delegue general du Fespaco, Michel Ouedraogo, a annonce trois mesures de taille qui entreront en vigueur a partir de l’edition 2015  :

-les montants des prix decernes aux laureats des trois differents etalons vont doubler

-la competition officielle des longs-metrages sera ouverte aux films de la diaspora

-la competition officielle des longs-metrages sera egalement ouverte aux films realises en format  numerique.

Brèves & Divers

Tey, Etalon d’or de Yennenga 2013

Le film Tey d’Alain Gomis a recu l’etalon d’or de Yennenga du Fespaco 2013. C’est le film que votre blog cineafrique a place en premiere position. Felicitations a Alain Gomis, felicitations au Senegal et que vive le cinema africain. La valeur du prix est de 10 millions de francs cfa. Le prix est remis a Gomis par le president burkinabe, Blaise Compaore. Rendez-vous en 2015 pour la 24e edition du Fespaco. Le souhait est que d’ici la les autorites politiques africaines comprennent encore davantage la necessite de financer le secteur du cinema dans leurs pays respectifs. Ce faisant c’est l’Afrique entiere qui gagne.

Brèves & Divers

Yema, Etalon d’argent du Fespaco 2013

Le film Yema de l’Algerienne Djamila Sahraoui recoit l’etalon d’argent d’un montant de cinq millions de francs cfa. Ce film a occupe la troisieme place dans les pronostics de CineAfrique. Le prix a ete remis a Djamila par le Premier ministre burkinabe.

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La pirogue, Etalon de bronze de Yennenga

Le film La pirogue de Moussa Toure obtient l’etalon de Bronze. Dans les pronostics de CineAfrique, c’est un film qui a occupe la quatrieme place. Le montant du prix est de trois millions de francs cfa. Le prix a ete remis a Moussa Toure par l’une des pionnieres du Fespaco, la Burkinabe Salimata Salembere.

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