Projection de Daratt à Dakar ce soir

Affiche - Daratt
Le ciné club de la Fondation Konrad Adenauer (FKA) reprend ses activités aujourd’hui, avec la projection à partir de 18h, de Daratt (la saison sèche), un long-métrage de Mahamat-Saleh Haroun. Dans ce film sorti en 2006, le réalisateur tchadien parle de la période post-guerre civile dans son pays.
L’histoire du film tourne principalement autour d’un vieillard qui a perdu son fils au cours de ces années de guerre. Atim dont le père a été tué pendant la guerre civile, reçoit de son grand-père un revolver pour aller tuer Nassara, parti vivre à Ndjaména pour fuir les représailles de ses victimes. Atim part à la recherche du bourreau de son père, sans avoir une idée précise de la personne. Néanmoins, grâce aux renseignements qu’il avait pu glaner, il a pu rapidement repérer Nassara, devenu propriétaire d’une petite boulangerie dans un des quartiers de la capitale tchadienne. Avant d’être recruté comme apprenti par Nassara, Atim avait suivi pendant plusieurs jours les va-et-vient du bourreau de son père. Nourrissant une grande haine pour Nassara, Atim avait du mal à manger le pain qu’il lui offrait ainsi qu’aux autres enfants du quartier.
L’une des premières scènes qui montre ce rejet de la personne de Nassara, est celle où Atim accepte le pain, le mâche, puis le recrache. Après être devenu l’employé de la boulangerie, Atim refuse la rémunération que lui propose Nassara pour ses heures de travail. C’est une manière pour le jeune de montrer à Nassara qu’il y a un problème, dont il veut à tout prix parler. A force de travailler ensemble, de vivre dans la même maison, les relations entre Atim et Nassara ressemblent à celles existant entre personnes normales qui s’apprécient et se haïssent au même moment. A cause de ses attitudes un peu bizarres quelquefois, Nassara finit par soupçonner qu’Atim est venu à Ndjaména pour l’éliminer physiquement. Après avoir à plusieurs reprises demandé à Atim de l’emmener voir ses parents, le jeune accepte mais conduit finalement Nassara en plein désert chez son grand-père. Il fait semblant d’avoir tué le bourreau de son père en tirant en l’air. Le grand-père aveugle croit que l’assassin de son fils est effectivement mort. Il est apaisé. En somme, il est satisfait d’avoir vengé son fils.
Clap Ivoire 2011 : le film «Une mère qui attend » sacré meilleure fiction

Festival Clap Ivoire 2011
Du 29 novembre au 2 décembre dernier, la onzième édition du festival Clap Ivoire s’est déroulée à Abidjan. Le prix Uemoa de la meilleure fiction a été attribué au jeune réalisateur béninois, Jean-Paul Sénami Kpétéhogbé, étudiant à l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel (Isma) du Bénin, pour son film Un mère qui attend.
Dans ce court-métrage de 13 minutes, Kpétéhogbé aborde la question de l’allaitement maternel par une femme séropositive, en mettant l’accent sur les dangers que constitue cette pratique. Le même film a été primé en avril dernier, au Maroc, au Festival du Cinéma pour tous. L’Isma n’est pas à sa première participation à Clap Ivoire. En 2009, lors de la neuvième édition, les étudiants de cette école de formation en journalisme, communication et production audiovisuelle, ont obtenu trois prix. Samson Adjaho avait reçu les prix du meilleur scénario et de la meilleure interprétation féminine pour son œuvre A qui le tour. Le prix spécial du jury était attribué à Ulrich Lionel Doyigbé pour son film Gahoussi, le mariage parfait. Toujours au cours de cette neuvième édition, la Togolaise Ingrid Agbo, avait reçu le prix de la meilleure photographie et le second prix de la meilleure fiction.
En dehors de ses participations à Clap Ivoire, l’Isma est de plus en plus présent dans le paysage cinématographique africain grâce à des productions de qualité. C’est ainsi qu’on peut mentionner sa présence très remarquée à la vingt-deuxième édition du Fespaco en mars 2011, dans la catégorie des films d’écoles. Les cinéastes sortis de l’Isma, font désormais partie de la relève du cinéma africain. Aucun doute à ce sujet.
Le documentaire africain présenté au cinéma l’Univers à Lille

Affiche Afrique en Docs
Du 26 au 28 janvier prochain, des films documentaires réalisés par des cinéastes africains seront projetés au public lillois, dans le nord de la France. Ces trois jours consacrés au cinéma documentaire en Afrique, interviennent dans le cadre des 2e Rencontres Afrique en Docs de Lille organisées par Krysalide Diffusion (entité qui organise le festival du film indépendant de Lille), en partenariat avec les associations Africadoc et Doc Net.
Le jeudi 26 janvier, les Lillois regarderont Koundi, le jeudi national, le seul film au programme de la première journée. Dans ce film, la cinéaste camerounaise Ariane Astrid Atodji, parle d’un grand village dont les ressortissants ont pris conscience de l’importance de la forêt. Pour ce faire, ils l’utilisent pour combattre la pauvreté. Le vendredi, deux films du Burkina Faso sont au programme. Il s’agit de Savoir raison garder de Mamounata Nikiema, et de Bakoroman de son compatriote Simplice Ganou. Nikiema aborde dans son moyen métrage le processus de préparation des élections dans son pays, et au-delà dans toute l’Afrique. Simplice Ganou traite quant à lui des enfants de la rue, confrontés à la délinquance et à tous les dangers dus à l’absence de leurs parents dans leur vie. Le samedi et dernier jour des 2e Rencontres Afrique en Docs de Lille, la république démocratique du Congo et le Niger seront à l’honneur à travers la projection des films D’une rive à l’Autre de Delphe Kifouani, et Koukan Kourcia, le cri de la tourterelle, réalisé par El Hadj Sani Magori.
Une table ronde sur le thème de «La production et la diffusion du documentaire de création africain en France et en Afrique», sera également organisée en marge des différentes projections.
Liens :
Re-gard’emoi : Le cinéma africain au cinéma Les Sept Parnassiens à Paris

Affiche Regard'Emoi
De jeunes cinéastes africains seront à l’honneur le 31 janvier au cinéma Les Sept Parnassiens à Paris. Ce sera à l’occasion de RE-GARD’EMOI : les jeunes cinéastes africains, une soirée qui sera organisée par l’association La Sauce à l’Arti’Show. Les organisateurs de la soirée partent du constat que « le cinéma subsaharien est méconnu en France, représenté qu’il est par seulement une poignée de grands réalisateurs.» Par conséquent, l’initiative de l’association La Sauce à l’Arti’Show «propose de partir à la découverte du sang neuf de ce vaste continent et de montrer une jeune génération de réalisateurs, créatrice et dynamique, aux influences multiples.» Durant la soirée au cinéma Les Sept Parnassiens, six cinéastes seront présentés au public parisien à travers leurs films. Les cinéastes ont pour noms, Daouda Coulibaly, Charlotte Yonga, Anne Elisabeth Ngo Minka, Mame Woury Thioubou, Aïcha Thiam, Rakia Laminou Kader. Ils sont originaires du Mali, du Cameroun, du Sénégal, et du Niger. Les cinéphiles auront donc l’occasion de regarder leurs films: Tinye So, Ku’tchub, Le Prix du Sang, Face à face, Papa, Aida la bouchère.
En dehors des projections, il y aura deux conférences-débats portant sur les thèmes suivants : «le contexte de création et de production» et «les systèmes de distribution et de diffusion». Au cours de cette soirée, les organisateurs présenteront également au public des associations qui œuvrent pour le cinéma africain francophone. Au nombre des ces organismes, on peut citer le programme Africadoc, l’association Des cinémas pour l’Afrique pour la réhabilitation de salles de cinéma et la création d’un réseau de distribution et d’exploitation sur le continent, le Cinéma Numérique Ambulant pour l’accès au patrimoine cinématographique africain et mondial pour tous et la formation du regard à l’image en mouvement. Une belle soirée d’échanges et de réflexions en perspective!
Liens :
- Regard’émoi | Site officiel
- Regard’émoi | Programme et infos pratique sur Africultures
- Cinéma Les Sept Parnassiens
Un pas en avant-les dessous de la corruption : sortie officielle à Paris

Affiche du film
Le cinéma béninois fait de grands pas. C’est important de le mentionner. A la 22ème édition du Festival panafricain du cinéma et de l’audiovisuel de Ouagadougou, en mars 2010, le film Un pas en avant-les dessous de la corruption de Sylvestre Amoussou, a ouvert la compétition des longs-métrages. Le 9 novembre dernier, le deuxième long-métrage de Sylvestre Amoussou est sorti sur les écrans parisiens. Le réalisateur y explore les méandres de la corruption en Afrique, et dénonce les réseaux qui se constituent pour détourner les aides internationales allouées en premier lieu aux populations. Au-délà de cette dénonciation, Un pas en avant-les dessous de la corruption, s’attaque également à la complaisance des autorités françaises, et à une certaine forme de tolérance des organisations non gouvernementales, par rapport aux multiples actes de corruption constatés sur le terrain. Le professeur Mbye Cham écrivait dans un article, publié par la revue Ecrans d’Afrique, en 1998, que « les thèmes du commentaire socio-politique, les interrogations sur les pratiques et les coutumes culturelles, et surtout sur leur exploitation et sur leur abus pour le profit individuel, la condamnation de l’inégalité et de la répression reviennent à la surface dans quelques-uns des nouveaux films« . A l’époque, il citait le film Tableau Ferraille du Sénégalais Moussa Sène Absa. Treize ans après la publication des propos de Cham, des pays africains vivent toujours cette situation où des individus s’approprient les richesses de toute une nation, et laissent la majorité moisir dans la misère. Le film d’Amoussou, vient à point nommé pour rappeler aux Africains qu’il y a encore du chemin à faire, pour que l’inégalité sociale et la corruption disparaissent de leur quotidien. Un grand pas vient d’être fait avec sa sortie officielle la semaine dernière dans la capitale française. Maintenant, il faut vulgariser le film, le montrer un peu partout en Afrique, pour que les populations y réfléchissent sérieusement. En dehors des salles de cinéma classiques, la comédie politique de Sylvestre Amoussou, devrait faire le tour des universités, des lycées, pour que le débat s’installe, et soit sanctionné peu après par des résolutions concrètes, à même d’apporter une nouvelle culture de gestion des affaires publiques.

