Pape Amadou Badji, un jeune cinéaste aux talents prometteurs

- Pape Amadou Badji
Le Sénégal compte de nos jours de jeunes cinéastes très talentueux, capables d’écrire des scénarii de grande qualité. Le seul problème est qu’ils manquent de moyens pour financer le tournage, et la production de leurs oeuvres. Pape Amadou Badji, fait partie de ces talents qu’il faudrait aider à continuer à faire leur travail. Certains de ses scénarii évoquent les traditions, tandis que d’autres s’intéressent aux nouvelles habitudes des jeunes, qui sont aujourd’hui des friands des messages sms.
Le film Koumadangh yeti Afagna (Les funérailles d’un forgeron en pays Diola) dont le tournage a été fait en Casamance dans le sud du Sénégal, est une oeuvre qui, “qui montre l’ethnie diola dans sa profondeur et parle des familles Diédhiou qui sont devenues incontestablement les maîtres du feu et les sorciers du fer”. Selon l’auteur, le film en préparation “nous met en garde contre le danger qui guette les familles en pays Diola à propos de leurs pratiques qui consistent à hériter des femmes de leur frère après le décès de ce dernier, pratique courante en pays Diola. Enfin, il évoque aussi le cousinage à plaisanterie entre les Diédhiou, Sagna et Diallo, de grandes familles qui peuplent la région de la Casamance”. Le tournage terminé, le cinéaste Pape Amadou Badji, est actuellement à la recherche de financements pour procéder, au montage, à la production et à la post-production, des étapes qui demandent énormément de moyens financiers. En attendant de mobiliser les moyens nécessaires pour porter Koumadangh yeti Afagna à l’écran, Pape Amadou Badji continue à écrire.
Son deuxième scénario est intitulé Ma famille est rentrée dans l’histoire, et raconte à travers le personnage de Bacolon (grand-père) l’histoire de la famille Badji, une des grandes familles en pays Diola, au sud du Sénégal. Dans le synopsis du film, il est écrit que, “Bacolon au moment de mourir, a préféré purement et simplement rejoindre le ciel parce que disait-il, ‘je suis humain et par conséquent je suis un homme propre. Donc mourir et être enseveli dans le sous-sol revient à se salir le corps’. Alors quand arriva son jour, il regroupa tous les villages environnants et autour du vin de palme, les invités se mirent à danser et à boire pendant des heures. Et puis, ils le regardèrent partir dans le ciel. A peine perdu de vue dans les nuages, il eut un tonnerre, le ciel se fend, puis Bacolon disparut”. Pour une partie des Casamançais, le personnage de “Bacolon Badji est celui qui, à l’image du Christ a connu l’ascension”. Le réalisateur sénégalais, Pape A. Badji, qui a étudié l’Histoire à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar avant de bénéficier d’une formation de cinéaste offerte par l’Ambassade du Brésil au Sénégal, affirme que Ma famille est rentrée dans l’histoire, est un scénario qui laisse présager d’un “film plein d’émotion et d’humour qui traite du problème de l’enracinement et du choc des civilisations”.
Des traditions, Pape A. Badji passe à l’époque moderne dans l’écriture de son scénario Sms dont le tournage vient de démarrer avec les moyens du bord. Dans Sms, il est question d’une histoire d’amour entre deux jeunes Africains vivant dans dans des pays différents. Le jeune homme prénommé Pape est étudiant au département d’Histoire de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Cheikh Anta Diop, à Dakar. Adia, la dulcinée de Pape, fait quant elle des études de comptabilité dans une institution privée supérieure à Ouagadougou, la capitale Burkinabè. Malgré la distance géographique qui les séparent, ils se parlent grâce à internet, et s’envoient des ‘textos’ par téléphone portable. Impatiente de rencontrer son bien-aimé, et ne comprenant pas pourquoi Pape ne vient pas la voir à Ouagadougou, Adia commence à le soupçonner d’avoir une autre copine à Dakar. Elle profère à son endroit des propos déplacés. Une crise naît donc entre les deux tourtereaux. Le grand-père de Pape, venu tout fraîchement du village, a dû suivre des cours accélérés d’informatique pour pouvoir converser avec Adia sur internet, et parvenir à la longue à régler les problèmes entre elle et son petit-fils. L’objectif poursuivi par Pape Amadou Badji, en écrivant le scénario Sms, est de “dénoncer l’écriture des Sms telle qu’elle se fait dans le milieu des jeunes souvent pris au piège de l’orthographe et de la grammaire”. Il précise, que son “intention est d’attirer des utilisateurs de ces média sur le danger que constitue l’abréviation de mots car l’usage de celle-ci constitue une grande perte pour les langues officielles qui sont aussi des outils de communication et de travail”. Pape A. Badji conclut que le film Sms, “recherchera aussi à rendre compte de la réalité dans le monde des jeunes, de la paresse dont ils font désormais preuve dans la lecture des oeuvres littéraires au profit du divertissement sur internet…”
Les jeunes talents comme Pape Amadou Badji, sont de plus en plus nombreux sur le continent africain. Ils ont suivi pour la plupart des formations en réalisation de films, soit en Occident, soit dans les différents centres de formation qui ont maintenant pignon sur rue dans les capitales comme Dakar, Abidjan, Cotonou, Lomé, Lagos, Accra, Kinshasa, Prétoria, Tunis, Rabat, pour ne citer que ces dernières. La seule chose qu’ils demandent à l’Etat et aux privés qui disposent de moyens financiers conséquents, est de les aider à produire leurs films, pour un enrichissement sans précédent de notre patrimoine culturel, et pour le développement socioculturel de l’Afrique.
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bonsoir, Professeur, je m’atendais à voir des extraits de films présentés lors du fesman dans notre blogue
ou encore lors du festival de ouagadougou
bon courage
bonjour professeur
comment ca va?
ca fait longtemps que je n’ai plus de vos nouvelles
Professeur la semaine dernière, il y a eu des partenaires de image et vie, qui sont venus de la france et du canada, dans le cadre de leur projet, 7 jours pours un film, et ca c’est très passé. nous avons espoir qu’avec la nommination de Youssou Ndour les choses vont changer