La (re)vue du web de CinéAfrique.Org #4 : L’actualité culturelle africaine lue pour vous

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Notre visite des autres sites spécialisés dans l’actualité cinématographique, et la lecture des journaux africains disponibles sur internet, nous ont permis de voir à quel point l’Afrique elle-même et son Cinéma continuent à intéresser le monde. La deuxième édition du festival Solidaridad y Resistencia (Solidarité et Résistance) qui se déroulera du 9 au 28 novembre dans neuf villes du Val de Marne en France, accorde une place de choix à l’Afrique dans son agenda. L’objectif des jeunes communistes, initiateurs du festival, est de « découvrir et faire découvrir au plus grand nombre ce continent trop méconnu et incompris en abordant des problématiques diverses et variées comme, la santé, l’eau, la culture, l’immigration, l’histoire et le présent de ce continent colonise et exploite, ses guerres civiles, ses démocraties, le rôle des puissances mondiales, les aides internationales, la condition des femmes, etc. » Sur le site bellacio.org, on a pu lire que « L’ambition du festival est d’abord d’échanger en cernant les problématiques auxquelles se heurtent les populations africaines, de débattre, d’apporter un regard nouveau ». Les cinéastes, critiques et historiens originaires du continent africain, seront certainement de la partie pour apporter leur éclairage aux débats.

Le cinéma tunisien convalescent

La version internet du quotidien tunisien La presse évoque quant à elle la présence de quatre films tunisiens à la septième édition du festival de court-métrage de Tanger (Maroc) qui a démarré le 14 octobre. Dans son article Cinéma tunisien : est-ce la remontée?, le journaliste Asma Drissi écrit que, « les mutations que connaît le secteur ont rendu difficile la production d’un film… ». Comme causes à ces difficultés, Asma Drissi parle du retrait des exploitants et distributeurs de la chaîne de production, et du fait que « la production cinématographique n’arrive pas à séduire les capitaux privés pour soutenir ce produit culturel. N’est-il pas temps de trouver d’autres voies, d’autres sources de financement », s’interroge finalement notre confrère. L’espoir n’est pas tout de même perdu pour les acteurs du monde cinématographique en Tunisie. Asma Driss nous révèle que « l’intérêt que porte le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, ces derniers mois, au secteur cinématographique et les récentes décisions semblent annoncer un réel désir de changer les choses et de trouver les solutions à cette situation houleuse, à travers la production et la réorganisation du secteur ». Vivement que ce sursaut patriotique fasse tâche d’huile dans tout le Maghreb, pour rejaillir après sur toute l’Afrique. Restant dans le même registre de l’aide au secteur culturel, dans son article Disponibilité des ressources et subventions – Les acteurs culturels encore outillés par le programme Acp Cultures, le confrère sénégalais Cherif Faye de Sud Quotidien, donne une bonne nouvelle aux femmes et hommes de cultures. « Le Secrétariat du groupe Acp et son programme Acp Cultures informent les opérateurs culturels des pays Acp qu’il met à leur disposition un certain nombre de ressources. Celles-ci sont destinées à soutenir des projets artistiques et à donner des subventions à des projets d’entreprenariat culturel », écrit Chérif Faye dans l’édition du 15 octobre du quotidien privé sénégalais, Sud Quotidien.

Partenariat Italie-Maroc

Du côté du Maroc, l’Agence officielle de presse, Maghreb Arabe Presse (Map), a publié une information qui rendrait certainement heureux les cinéastes marocains. Le Royaume chérifien et la région de Lazio (Italie) ont paraphé le vendredi 9 octobre un document, qui «constituera la base de la future Fondation ‘Marocco-Italia’, dont l’objectif est d’approfondir, de développer et d’encourager les liens culturels entre le Maroc et l’Italie dans le secteur de l’audiovisuel ». La dépêche de l’Agence marocaine de presse, donne une précision supplémentaire : « Aux termes de ce document, les deux parties s’engagent, dans les cadre des législations nationales, échanger leurs expériences en matière de formation, de financement, de commercialisation et de distribution des produits cinématographiques et audiovisuels ».

La brèche primée en Italie

Festival du documentaire et du film social de Bologne : La brèche fait mouche, tel est titre d’un des articles parus dans le quotidien sénégalais Walfadjri du 15 octobre. A travers la plume de F. K. Sène, on apprend que La brèche, court-métrage de 26 minutes réalisé par le Sénégalais Aboul Aziz Cissé, a remporté un prix. C’était à la troisième édition du festival du documentaire tenu à Bologne en Italie du 8 au 11 octobre. Le film de Aboul Aziz Cissé, « parle de l’ouverture pratiquée en 2003 sur la langue de Barbarie (7 km au sud de Saint-Louis), entre le fleuve Sénégal, et l’océan atlantique pour protéger contre l’inondation ». Le problème que dénonce le cinéaste, est que « la brèche ne cesse de s’élargir vers le sud, menaçant de faire disparaître des îlots abritant une dizaine de petits villages de pêcheurs ».

L’exil vu par Ndack Kane

De l’Italie au Canada, la distance peut paraître un peu grande, mais le journaliste Aboul Karim Diarra, a su la parcourir très rapidement, pour nous faire entrer dans le livre de Ndack Kane, intitulé Partis trop tôt, trop loin : l’exil. Dans un article très informatif, Abdoul Karim Diarra nous fait aimer d’emblée le premier livre de Ndack Kane. L’extrait suivant choisi par Abdoul Karim Diarra dans son article, nous plonge dans le débat du traumatisme qu’on peut ressentir en quittant l’Afrique pour aller s’installer sur un autre continent, et renseigne sur la gravité du sujet abordé par Ndack Kane dans Partis trop tôt, trop loin : l’exil. Il s’agit de « lorsque pour la première fois on quitte son pays d’origine, on subit le traumatisme dont on ne mesure la profondeur que bien des années plus tard. Chacun le vit différemment et en guérit différemment. Puis, quel que soit, le choix que l’on finit par faire, on a toujours cette impression, plus ou moins marquée, d’avoir manqué quelque chose, une autre vie ailleurs ». L’autre extrait de taille que Karim Diarra a su sortir du livre de Ndack Kane, pour inviter les jeunes Africains à la réflexion, est très évocateur de l’importance que l’auteur accorde à l’avenir de l’Afrique. Il cite la jeune écrivaine sénégalaise qui parle des premiers étudiants africains partis à l’étranger en ces termes, « ils partaient en pionniers. Ceux qui revenaient en Afrique avaient des pays nouvellement indépendants à diriger. On peut critiquer la façon dont cela a été fait, moi la première, mais il faut reconnaître qu’ils ont réussi quelque chose d’essentiel : nous, leurs enfants, sommes nés dignes sur des terres libres. Même si cette liberté est encore partielle par endroits, elle est bel et bien là, il ne reste qu’à poursuivre le travail entamé. Il y a aussi ceux qui sont restés en Occident après leurs études, et qui ont contribué à faire connaître l’Afrique, et c’est important ».

De la littérature au cinéma, il n’y a qu’un pas à franchir, pour vous informer de la tenue Kinshasa depuis le 8 octobre de la deuxième édition du festival Balabala Ciné. Martin Enyimo, journaliste au journal privé Le potentiel, cite Louis Vogt Voka, initiateur du festival qui affirme que « l’objectif du festival est d’amener le cinéma documentaire congolais, africain et d’ailleurs dans les quartiers de Kinshasa ».

Nous terminons par une mauvaise nouvelle, la mort de la productrice rwandaise Chantal Bagilisha, dans la nuit du 28 au 29 septembre à Paris où elle travaillait. Dans un prochain article, nous reparlerons certainement de Chantal Bagilisha, avec à l’appui des témoignages de personnes qui ont eu à la côtoyer dans le cadre de leur profession.

Récapitulatif des liens de la (re)vue du web numéro 04 de CinéAfrique.Org, couvrant la semaine du 10 au 16 octobre 2009

 

Les revues du web de CinéAfrique.Org mettent chaque semaine en lumière les meilleurs articles sur lesquels a porté notre veille. Il s’agit d’une sélection d’articles de presse en ligne, de liens de sites et de blogs, en somme ce qu’il ne faut pas manquer sur la toile concernant les acteurs, l’actualité du cinéma africain et de la culture Africaine, et non une prise de position de CinéAfrique.Org. Ils peuvent être récents, ou particulièrement vieux, et rentrent dans cette catégorie pour leur qualité ou leur intérêt. N’hésitez-pas à proposer les vôtres en commentant cet article.

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