La (re)vue du web de CinéAfrique.Org #5 : L’actualité culturelle africaine lue pour vous

Le site Afrik.com nous annonce la sortie de Casa Negra, le tout nouveau film du cinéaste marocain, Nour-Edine Lakhmari, ainsi qu’une interview dans laquelle il a expliqué l’origine du film. « Je vis en Norvège mais je retourne régulièrement au Maroc. En observant ce qui se passe dans ma vie, à Casablanca, dans mon pays, je me suis rendu compte qu’il y avait tellement de choses dont on n’osait pas parler, qu’on n’osait pas montrer la réalité telle qu’elle est. Par honte, problème d’identité ? Plus je m’interroge et plus je travaille au Maroc, plus je m’aperçois qu’il y a beaucoup de choses à raconter. Malheureusement, ce sont des étrangers qui font des films sur nous avec des stéréotypes, et des clichés : les chameaux, les djellaba, les femmes voilées. Je me suis dit qu’il est temps de fabriquer nos propres images. En le faisant, on est plus sincère avec soi-même et par conséquent on a moins de problème d’identité », a-t-il confié à Falila Gbadamassi. Message entendu et transmis à qui de droit. Grâce à Casa Negra, Nour-Edine Lakhmari voulait transmettre un message. « Je voulais dire que les gens que l’on voit dans les rues, qui font du bruit et qu’on juge rapidement ont aussi une famille, qu’ils ont les mêmes difficultés que nous à la maison, que ce sont des êtres humains comme tout le monde. Personne n’est né criminel ou chômeur. Le quotidien est tellement dur parfois qu’on doit faire des choix. Et chaque individu est le produit de ses choix », a-t-il signifié. En conclusion, le cinéaste marocain a confié à Falila Gbadamassi de Afrik.com que son prochain film parlera de « corruption de l’âme, de rédemption et d’amour. C’est l’histoire d’un homme qui va être transformé par l’amour d’une femme ». Comme cela arrive par moments dans la vie de tout un chacun d’entre nous quand nous savons écouter le message que nous envoie notre cœur.
Toujours sur le site Afrik.com, et cette fois-ci sous la plume de Meriam Azizi, on apprend que la troisième édition du festival international de film de femmes de Salé, a pris fin début octobre au Maroc. Cela a été une occasion pour redécouvrir des grands noms du cinéma féminin. Il s’agit de Farida Bourquia, Farida Benlyazid, Zakia Tahiri, Leïla Kilani et Yasmine Kassari, auteurs respectivement des films Deux femmes sur la route, Une porte sur le ciel, Number One, Tanger, le rêve des brûleurs, L’enfant endormi.
Du Maroc pour aller en Mauritanie, la distance peut être des fois facile à parcourir. A Nouakchott, la semaine nationale du film (Senaf) s’ouvre ce vendredi 23 octobre avec la « participation de plus d’une vingtaine de producteurs étrangers », nous informe l’Agence Nouakchott d’Information, reprise par le site allAfrica.com. Au cours de la quatrième édition de la Senaf qui démarre aujourd’hui, «les organisateurs entendent apporter leur contribution à la cohabitation au sein de la société mauritanienne, entre les cultures et les peuples du monde entier, à travers les échanges culturels entre les participants venus du monde entier ». Les Rencontres du Film Documentaire de Bejaia poursuivent des buts similaires. Selon le site Africinfo.org, « les Rencontres du Film Documentaire organisées, en partenariat avec l’association Kaïna Cinéma (Paris) seront également l’occasion de continuer à mener une réflexion, avec les professionnels du cinéma, les amateurs socioculturels et les stagiaires, sur l’importance de pérenniser un pôle de formation permettant aux passionnés du cinéma documentaire de construire un regard sur le monde et laisser des traces filmées ». Nobles missions qui pourraient servir d’exemples dans d’autres pays africains et contribuer au développement du cinéma et de l’Afrique.
Les nouvelles venant de Dakar sont encourageantes pour le dynamisme du cinéma sénégalais. Hier jeudi, le cinéaste sénégalais de la génération des Sembène Ousmane, El Hadj Momar Thiam a fêté ses 80 ans. Une belle occasion pour les autres cinéastes et critiques de lui rendre hommage de son vivant. Une première car on attend malheureusement la disparition de nos héros/hérauts pour leur témoigner notre gratitude pour leur apport à l’édification de nos sociétés. Regrettant le fait qu’il n’y ait pas eu d’images du cinéaste Tidiane Aw (auteur Le bracelet de bronze) après son décès le 30 mai dernier à Paris, le documentariste Samba Félix Ndiaye fait un cadeau d’anniversaire inoubliable à l’octogénaire. Il a confié aux confrères de l’Agence de presse sénégalaise qu’il sortira bientôt un documentaire sur El Hadji Momar Thiam, réalisateur de films comme La lutte casamançaise, La Malle de Maka Kouli, et Baks, considéré à l’époque comme « meilleur film » par Feu Soumanou Vieyra, lui-même cinéaste et critique.
A quelques quatre heures de vol d’oiseau de Dakar, au Togo, la troisième édition du festival international du film des droits de l’homme (Fidh) a élu domicile depuis le 20 octobre dans la ville de Kara, après avoir organisé les deux premières éditions à Lomé, la capitale. L’édition 2009 qui prendra fin le 30 octobre a pour thème « 60 ans après la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : quelle face présente le Togo ? » Pour finir, le romancier et dramaturge togolais Kossi Efoui, qui vit depuis plusieurs années en France, recevra demain samedi à Beyrouth, le prix des cinq continents de la Francophonie pour son roman Solo d’un revenant. Un roman dont je vous rendrai compte très prochainement sur le blog.
Récapitulatif des liens de la (re)vue du web numéro 05 de CinéAfrique.Org, couvrant la semaine du 16 au 23 octobre 2009
- [afrik.com] « CasaNegra », l’autre Casa : Entretien avec le cinéaste marocain Nour-Eddine Lakhmari
- [afrik.com] Au Maroc, le cinéma fait honneur aux femmes : Le 3ème Festival International du Film de Femmes de Salé
- [allafrica.com] Mauritanie: La quatrième édition de la SENAF s’ouvre demain à Nouakchott sous le thème « vivons ensemble »
- [africinfo.org] Bejaia Doc (Rencontres du film documentaire de Béjaia 2009), 3ème édition
- [aps.sn] El Hadji Momar Thiam jouit d’un respect certain de ses pairs
- [allafrica.com] Sénégal: « Cinéma de nuit » – Soiree en hommage à Tidiane Aw
- [africinfo.org] 3ème édition du Festival International du Film des Droits de l’Homme(FIFDH) au Togo
- [allafrica.com] Togo: Kossi Efoui, vedette du Salon du livre de Beyrouth
Les revues du web de CinéAfrique.Org mettent chaque semaine en lumière les meilleurs articles sur lesquels a porté notre veille. Il s’agit d’une sélection d’articles de presse en ligne, de liens de sites et de blogs, en somme ce qu’il ne faut pas manquer sur la toile concernant les acteurs, l’actualité du cinéma africain et de la culture Africaine, et non une prise de position de CinéAfrique.Org. Ils peuvent être récents, ou particulièrement vieux, et rentrent dans cette catégorie pour leur qualité ou leur intérêt. N’hésitez-pas à proposer les vôtres en commentant cet article.
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je pense que le cinéma va beaucoup mieux en Afrique à ce qu’expliquent les autres. Seulement il faut que les états donnent encore plus de moyens aux jeunes. Au Sénégal il faut avancer en surtout dans la formation
Najib, je partage votre avis. L’Etat doit accompagner le secteur cinematographique au Senegal, et partout ailleurs en Afrique, en aidant les cineastes a creer des structures de formation de jeunes realisateurs, a renforcer les competences des centres de formation de cineastes deja existants. Il doit aussi aider a renover les salles de cinema, et a redynamiser les structures de diffusion de films. Le combat pour que le cinema africain retrouve ses lettres de noblesse ne fait que commencer. Avec la contribution de tout un chacun d’entre nous, nous parviendrons a faire du cinema africain, un cinema regarde par les Africains eux-memes, un cinema apprecie de l’interieur et de l’exterieur. Le cinema peut a sa maniere contribuer au developpement de l’Afrique. J’en suis convaincu, et j’essaierai de faire passer cette idee aupres de tous les acteurs de la vie economique, sociale et culturelle en Afrique et dans la diaspora. Des exemples existent pour nous montrer que le cinema africain peut devenir une veritable industrie, capable de donner du travail a des milliers de jeunes formes aux metiers de l’audiovisuel, de la production, de la presse, du marketing, etc..Le developpement du Cinema dans la plupart des pays europeens, et en Amerique du Nord, en est un exemple palpable.
Vous avez parfaitement raison Anoumou, le cinéma est un vecteur de développement. Et je crois qu’à côtés des efforts que doivent fournir nos Etats, il faut qu’on encourage davantage les initiatives individuelles, et intéresser les privés évoluant même en dehors du secteur de la communication, pour qu’ils investissent dans ce secteur porteur. Et en cela je crois qu’il y a lieu d’être optimiste. Sinon sachez qu’on vous suit, même si le temps fait souvent défaut, et qu’on aime bien ce que vous faites.
Sinkare, merci pour ton commentaire qui me prouve une fois encore que le combat pour le cinema africain, n’est pas l’affaire d’une seule personne, mais de tout le monde. Les autorites ne peuvent pas a elles seules s’occuper du cinema africain. Certes, elles ont leur responsabilite, et il faut qu’on leur signifie cela chaque fois que l’occasion se presente. Elles doivent creer l’environnement juridique necessaire a l’epanouissement du cinema africain. Elles doivent exonerer certains produits utilises par les cineastes de taxes, afin qu’ils puissent repercuter les profits enregistres sur d’autres compartiments de l’industrie cinematographique. Tout cela ne doit pas empecher les autres secteurs d’activite, et les prives qui les animent de s’engager dans le secteur cinematographique, et redonner vie a ce secteur. Les cineastes doivent aussi de leur cote produire des films de qualite, capables de drainer du monde quand les salles rouvriront bientot dans nos differentes capitales. Dans les jours a venir, nous publierons des articles qui lanceront le debat dans ce sens.
salut! Je viens tout a fait par hasard de tomber sur votre blog. Vous faites du bon boulot et surtout, merci de nous tenir informes des activites culturelles et surtout a tout ce qui touche le cinema africain en general, et togolais en particulier.
La je suis en train de faire mon Masters en Cinema-Television aux USA et je me specialise dans la scenarisation pour pouvoir donner mon humble apport au developpement du Togo.
Je realise que la plupart des articles que j’ai lus ont paru en 2009. J’espere que vous continuerez de nous informer. Merci bien et du courage!
Bonjour Madie, merci d’avoir fait un tour sur le blog, et de commenter le travail qui y est fait. Pris par certaines occupations professionnelles et academiques, je n’ai pas beaucoup ecrit ces trois derniers mois, mais il y a beaucoup d’articles qui ont ete ecrits en 2010. De nouveaux articles seront publies sur le blog tres bientot, et ils nous permettront de relancer les debats sur la production de la culture en Afrique. Encore une fois merci pour vos commentaires.