La (re)vue du web de CinéAfrique.Org #7 : L’actualité culturelle africaine lue pour vous
La Française aux origines sénégalaises, Marie Ndiaye, a fait la une des médias francophones cette semaine, puisqu’elle a reçu le 2 novembre le prestigieux prix Goncourt, pour son dernier roman Trois femmes puissantes, paru cette année aux éditions Gallimard en France. A la question de savoir si le prix qu’elle a reçu la réconciliait avec ses origines africaines, et particulièrement sénégalaises, elle a répondu, « je n’avais pas besoin d’être réconciliée avec cette origine-là, car je n’ai jamais été fâchée avec elle ». A l’adresse des Sénégalais et des Africains qui s’identifieraient à elle en raison du prix Goncourt qu’elle vient de recevoir, le site de l’Agence de presse sénégalaise (Aps), rapporte ses propos, « ça me fait très plaisir que des Sénégalais puissent s’identifier à mon parcours, même s’il ne me semble pas représentatif de quoique ce soit ». Parlant toujours de littérature, le quotidien Le Soleil dans sa parution du vendredi 6 novembre nous informe que l’Association des écrivains sénégalais (Aes) mettra à profit la journée internationale de l’écrivain africain, le 7 novembre, pour célébrer un des leurs, Amadou Mapaté Diagne, auteur de Les trois volontés de Malic. L’auteur disparu le 5 janvier 1976 à l’âge de quatre-vingt-dix ans, est selon le journaliste Maké Dangnokho, « l’un des premiers à avoir posé la question de la cohabitation de la culture occidentale avec la civilisation noire ». Selon le professeur de lettres classiques, M. Sankharé, le but de l’hommage à Amadou Mapaté Diagne, est de « …permettre à la communauté scolaire et universitaire de découvrir le pionnier de la littérature africaine dont elle ne connaît jusqu’ici que le nom et le titre de l’oeuvre, et démontrer comment le premier roman sénégalais a orienté l’écriture négro-africaine par l’authenticité de de la thématique et l’africanité de la langue ».
Le 30 octobre dernier, le quotidien Le Soleil, a publié un article sur la participation du cinéaste sénégalais Ousmane William Mbaye, à la 10ème édition du festival Mois du film documentaire, avec deux films Mère-bi et Fer et verre. Le festival démarre en Guadeloupe ce 7 novembre, et est organisé par Images en Bibliothèques. Selon Estelle Caron, présidente de la structure chargée de l’organisation, le festival veut « promouvoir le cinema documentaire, défendre la singularité du regard qu’il porte sur le monde ». Elle précise aussi, « les programmations fonctionnent lorsqu’elles croisent les interrogations des publics, lorsqu’elles permettent la rencontre avec le réalisateur ou l’échange dans le cadre de débats thématiques ».
Pas très loin de Dakar, à Lomé, la capitale togolaise, la quatrième édition des Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé (Recitel), se tiendra du 16 au 20 novembre prochain. Le site Africinfo.org qui publie l’information, précise que les « Recitel sont entièrement consacrées aux technologies numériques qui offrent des opportunités nouvelles, immédiates et avantageuses pour la production et la diffusion d’image ». Les objectifs des Recitel, selon Africinfo.org, sont de « déceler et former les jeunes pour susciter de réelles vocations cinématographiques et télévisuelles, encourager l’intégration culturelle nationale en rapprochant le cinéma du public togolais via la Caravane du Cinéma entre le Togo et les autres pays ».
Du Togo, nous nous retrouvons au Cameroun, avec l’excellente interview accordée par le cinéaste camerounais Jean-Marie Teno à la critique et journaliste Christine Sitchet, et reprise par Le Messager du 3 novembre sous le titre de « Mongo Beti m’a transmis le sens de l’éthique ». A une interpellation de Christine Sitchet sur la place qu’occupe l’écrivain Mongo Beti dans sa vie, le documentariste camerounais, auteur de films comme Clando, Le Malentendu colonial, Lieux saints, répond ceci, « il m’a, entre autres, transmis un sens de l’éthique et le désir de suivre le chemin que l’on s’est tracé et de continuer, malgré les difficultés; se battre pour les idées auxquelles on croit. Même s’il a fini de manière tragique, son exemple a toujours été un repère qui me donnait de la force dans des moments où je me sentais un peu fragile ». Belle leçon de vie, puis-je dire.
Au début de l’entretien avec la sociologue française, Jean-Marie Teno a donné une définition de l’acte de création cinématographique qui me plaît particulièrement. Je ne puis m’empêcher de vous la livrer dans son intégralité : « Faire un film, c’est d’abord raconter une histoire. Il s’agit de créer à partir d’un certain nombre d’éléments existants, une réflexion sur le réel et la vie de tous les jours. Mon rapport avec la création a évolué. Au début, faire un film était un geste très intuitif, impulsif, foisonnant. Au fil des ans, c’est devenu un acte plus canalisé », reconnaît-il. Au Cameroun d’où est originaire Jean-Marie Teno, se tient jusqu’au samedi 7 novembre, la cinquième édition du festival du court-métrage de Yaoundé. Le cinéma camerounais est aussi présent à la 14ème Mostra de Cinéma africain de Barcelone qui a démarré ce vendredi à Barcelone, en Espagne. Le festival qui prendra fin le 12 novembre a comme invité d’honneur le cinéaste marocain, Mustapha Derkaoui. Ses oeuvres majeures, Le silence, Sherazade les beaux jours, Les amours de Hadj Mokhtar Soldi, et Casablanca by night, sont au programme des projections de la Mostra de Cinéma africain de Barcelone ce mois de novembre. Bonne lecture et bon week-end.
Récapitulatif des liens de la (re)vue du web numéro 07 de CinéAfrique.Org, couvrant la semaine du 30 octobre au 06 novembre 2009
- [leparisien.fr] La discrète Marie NDiaye remporte le Goncourt
- [aps.sn] Marie Ndiaye : ’’Je n’ai jamais été fâchée avec mes origines’’
- [lesoleil.sn] JOURNEE INTERNATIONALE DE L’ECRIVAIN AFRICAIN : Hommage à Amadou Mapaté Diagne
- [lesoleil.sn] CINÉMA : Ousmane W. Mbaye présente « Mère bi » en Guadeloupe
- [africinfo.org] Recitel 2009 (Rencontres du Cinéma et de la Télévision de Lomé)
- [lemessager.net] Jean Marie Teno: « Mongo Beti m’a transmis le sens de l’éthique »
- [allafrica.com] Cameroun: « Yaoundé tout court » comme il va
- [labarnasijysuis] 14è Mostra de Cinéma Africain de Barcelona : La magie du cinéma africain!
Les revues du web de CinéAfrique.Org mettent chaque semaine en lumière les meilleurs articles sur lesquels a porté notre veille. Il s’agit d’une sélection d’articles de presse en ligne, de liens de sites et de blogs, en somme ce qu’il ne faut pas manquer sur la toile concernant les acteurs, l’actualité du cinéma africain et de la culture Africaine, et non une prise de position de CinéAfrique.Org. Ils peuvent être récents, ou particulièrement vieux, et rentrent dans cette catégorie pour leur qualité ou leur intérêt. N’hésitez-pas à proposer les vôtres en commentant cet article.
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