La (re)vue du web de CinéAfrique.Org #9 : L’actualité culturelle africaine de la semaine lue pour vous

Dans son édition du 26 novembre, le journal privé camerounais Mutations, nous propose une interview de Hervé Yamguen, coordonnateur du cercle Kapsiki. Intitulée Ramener le cinéma dans les quartiers, l’interview a servi de prétexte à M. Yamguen pour défendre la nécessité de montrer le cinéma africain dans les quartiers. “Nous souhaitons que les gens dans nos quartiers puissent voir les films qui ont été plus ou moins programmés dans les salles de cinéma au Cameroun. Les salles qui sont fermées aujourd’hui. Nous voulons ramener un type de cinéma fait par les Camerounais dans nos quartiers.” Dans la même interview accordée à notre consœur Sandrine Tonlio, le coordonnateur du cercle Kapsiki, évoque aussi quelques-uns des films au programme des projections dans les quartiers. “Il y a ‘Les Saignantes’ de Jean-Pierre Bekolo qui a déjà été diffusé. Je pense que la particularité de ce film est non seulement la manière dont il raconte les crimes; la fiction sur l’environnement africain à partir de la situation locale politique… Il y a également le documentaire de Franc Hameni Bieleu intitulé, Quel espoir pour la jeunesse africaine.’ C’est un documentaire qui parle des questions d’immigration. Il donne un éclairage dans ce documentaire sur la manière dont nos Etats sont gérés. L’autre film que nous allons projeter, c’est Mah-Saah-Sah, un film de Daniel Kamwa en langue bamoun qui dévoile le quotidien. Nous avons un deuxième documentaire qui est celui de Jean-Marie Teno, Afrique je te plumerai… La dernière projection, c’est Paris à tout prix de Joséphine Ndagnou.”, déclare M. Yamguen. Cette belle et géniale initiative du cercle Kapsiki, devrait servir d’exemple ailleurs.

Au moment où Mutations parle de la nécessité de ramener les films dans les quartiers camerounais, le journal culturel Africultures, nous fait voyager en Afrique du Nord, à travers l’article Le Maghreb de films : rencontre différée ou ambivalence? L’article coécrit par Olivier Barlet et Patricia Caillé, mentionne tout d’abord les films qui étaient au programme du Maghreb des films, une activité organisée en octobre dernier à Paris par l’association Coup de soleil. “Le Maghreb des films a ainsi choisi de montrer des productions qui sondent le vivre ensemble des communautés musulmanes, juives, pieds-noirs et d’appelés, et cela dans des documentaires comme dans des fictions cinématographiques et télévisuelles, en particulier l’hommage à Serge Moati avec L’été de tous les chagrins (1989) et Des feux mal éteints (1994) ou encore Villa Jasmin (Boughédir, 2008). C’est étrangement à travers un film produit par TF1, Les Jasmins de la véranda (1979), une entreprise narcissique et impudique comme le note la voix off de l’auteur, que transparaît une certaine poésie, celle du retour de Moati en Tunisie, jusqu’à la maison familial dans laquelle il n’ose rentrer, tant la douleur d’une enfance déracinée en quelques mois par la perte des deux parents ne peut être exorcisée. La méditation d’un homme qui traverse un présent, le monde froid d’institutions et d’espaces publics occupés par des hommes, à la recherche d’un passé qu’il ne retrouve pas et dont sa sœur n’accepte qu’à contrecœur de lui livrer quelques bribes”, écrivent les co-auteurs de l’article. Pour Olivier Barlet et Patricia Caillé, le Maghreb des films n’est pas un simple festival au cours duquel des films sont projetés et débattus. C’est plus que cela. “Le Maghreb des films nous oblige ainsi à penser notre rapport aux cultures à travers le jeu des constructions identitaires par les images, dans les entrelacs de mini-fictions internet, de documentaires qui, dans les allers et retours France Maghreb, nous amène de la quête narcissique d’une enfance tôt disparue, à la déchirure de l’émigration loin d’une terre natale remémorée comme un paradis perdu, jusqu’au pari déchirant de la traversée clandestine, seule issue contre l’annihilation de l’être. Sans oublier les fictions cinématographiques ou télévisuelles, qui nous content dans des histoires et des vies, la corruption, le désespoir des candidats à l’émigration, l’oppression ou les conservatismes culturels ”, reconnaissent-ils. Présent à Paris, le Maghreb le sera bientôt en Grande-Bretagne, à travers la présentation de quatre films marocains au festival africain de Londres qui a démarré le jeudi dernier, pour prendre fin le 3 décembre prochain. Le site internet Yabiladi.com qui cite une dépêche de Maghreb Arabe Presse (Map), l’Agence marocaine de presse, précise que “la participation des films marocains à cette édition trouve son explication dans la place de choix qu’occupe le cinéma marocain sur l’échiquier du septième art africain, indiquent les organisateurs, relevant que le choix porte sur trois œuvres du cinéaste marocain El Maanouni s’impose par l’impact que ces réalisations ont sur l’histoire du cinéma marocain.” Au nombre des films marocains qui seront projetés devant le public londonien, la dépêche fait cas de Oud Lward de Lahcen Zinoune, et Les cœurs brûlés, Transes, Alyam Alyam d’Ahmed El Maanouni.

Le cinéma marocain sera à l’honneur à Londres jusqu’au 3 décembre, mais entre-temps, les réalisateurs et documentaristes africains dans leur ensemble vont se retrouver à Niamey, pour célébrer les cinquante ans du cinéma africain. Cela se fera à travers l’organisation d’un forum sur le film documentaire. Selon la dépêche de l’Agence de presse africaine ( Apa), “lancé en décembre 2006 à Niamey, le Forum africain du film documentaire (Fafd) qui a rendu des hommages au cinéaste français Jean-Rouch, un des pionniers du cinéma africain et le Nigérien Oumarou Ganda, premier Etalon de Yennenga en 1972, vise à combler le vide de transmission de culture, de technique cinématographique d’une génération à une autre.” Vivement que toutes les générations de cinéastes puissent se retrouver à Niamey pour échanger, et faire avancer le cinéma africain. Bonne lecture.

 

Récapitulatif des liens de la (re)vue du web numéro 09 de CinéAfrique.Org :

 

Les revues du web de CinéAfrique.Org mettent chaque semaine en lumière les meilleurs articles sur lesquels a porté notre veille. Il s’agit d’une sélection d’articles de presse en ligne, de liens de sites et de blogs, en somme ce qu’il ne faut pas manquer sur la toile concernant les acteurs, l’actualité du cinéma africain et de la culture Africaine, et non une prise de position de CinéAfrique.Org. Ils peuvent être récents, ou particulièrement vieux, et rentrent dans cette catégorie pour leur qualité ou leur intérêt. N’hésitez-pas à proposer les vôtres en commentant cet article.

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