La (re)vue du web de CinéAfrique.Org #12 : L’actualité culturelle africaine lue et commentée
Dans sa chronique du 11 décembre, le journaliste Hédi Khelil du quotidien tunisien La Presse a choisi de réfléchir sur l’état du cinéma tunisien. Son constat est amer : “le cinéma tunisien est un cinéma ‘assisté’, tenu d’une manière permanente ‘sous perfusion’. Si l’Etat tunisien arrêtait de soutenir les films, les cinéastes seraient réduits au chômage.” Il se pose les questions suivantes : “jusqu’à quand va durer une telle situation? Qu’est-ce qui manque à l’industrie cinématographique tunisienne, à supposer qu’elle existe, pour qu’elle produise elle-même une idée généreuse de son avenir?” Sans attendre qu’on réponde aux questions à sa place, notre confrère Hédi Khelil a quelques approches de solutions à proposer. Il écrit que “si le cinéma tunisien veut remonter la pente, il n’a d’autres cartes maîtresses en main que de miser, ça et là, sur de fortes individualités artistiques, sur des tempéraments volontaires qui n’ont pas peur, à force de creuser dans la différence et de tordre le cou aux consensus, de sortir des rangs.” Toujours dans les colonnes de La Presse, mais dans sa publication du 17 décembre, H.H. Hamzaoui parle de l’initiative “10 courts, une cause” du producteur Ibrahim Letaïef, dont le but est de permettre à dix jeunes réalisateurs tunisiens, de faire des films pour défendre le don d’organes. Le premier prix dénommé Coeur de diamant est allé au court-métrage “Grand Coeur, petit coeur, coup de coeur” de Majdi Lakhdhar. Belle initiative que de faire par moments du cinéma pour défendre des causes aussi nobles que celle de donner son organe après sa mort, pour sauver d’autres personnes qui en ont besoin pour vivre. Une perception du cinéma qui est quelque peu différente de celle du jeune réalisateur camerounais, Hervé Mukoko. Dans une interview accordée au journaliste Sitou Ayité, du bulletin cinématographique Caméra (du 15 déc. au 15 janv. 2010), il dit en substance ceci, “Moi, je suis un friand de l’esthétique, je veux donner un autre visage au cinéma africain à travers des films spectaculaires, émouvants, dynamiques, intenses et rythmés. Je suis là pour faire du commercial, pour vendre mes œuvres à travers le monde, pour marcher sur le tapis rouge du festival de Cannes.”
L’Agence sénégalaise de presse (APS) annonce dans sa publication du 15 décembre, la tenue au Sénégal jusqu’au 20 décembre prochain de l’édition 2009 du Festival du Film de Quartier. Le thème de cette année est “Cinéma et musique” et le parrain est le chanteur sénégalais Wasis Diop, compositeur de la musique des films comme “Hyènes et La Petite vendeuse de Soleil (Djibril Diop Mambety)”, “Un amour d’enfant (Ben Diogaye Bèye)”, “Africa Paradis (Sylvestre Amoussou)”, “Delwende, lève-toi et marche (Pierre Yaméogo)”. Le même jour, le site de l’APS a publié une dépêche sur les problèmes que rencontre l’édition sur le continent africain. Dans cette dépêche, le directeur de la maison d’édition sénégalaise Papyrus Afrique, M. Seydou Nourou Ndiaye, demande vivement que les autorités gouvernementales sénégalaises mettent de l’ordre dans le secteur, en créant un statut de l’éditeur. Il part du constat suivant, “des acteurs vont se transformer en éditeurs, alors que si les structures avaient été reconnues et renforcées, on n’aurait pas assisté à une telle situation. Un auteur qui s’autoédite, se discrédite. On peut le soupçonner de complaisance. Tous ces auteurs s’autoéditent. Ils prennent la parole au nom des écrivains et des éditeurs. Ca devient risible”. M. Ndiaye souhaite donc que le gouvernement mette fin à une situation pareille. “Pour nous, la première chose qu’un directeur du Livre doit faire, c’est de procéder à un état des lieux. Aucun d’entre eux ne l’a fait encore. Nous attendons cela. C’est au ministère de la Culture de mettre de l’ordre”, souligne M. Ndiaye. En ce qui concerne la création d’une maison d’édition à l’échelle panafricaine, les premiers responsables des éditions Papyrus Afrique et Sankofa & Gurli du Burkina, invitent les dirigeants africains à mettre en valeur ce qui existe d’abord. “Il faut se pencher sur tous les textes qui vont régir la production et la circulation du livre. Une fois cela fait, il faut mettre l’accent sur ce qui existe au lieu de créer une Maison d’édition panafricaine”, estime le directeur de Papyrus Afrique, Seydou Nourou Ndiaye. Son collègue du Burkina-Faso, Jean-Claude Naba affirme pour sa part qu’“il faut l’engagement des ministères de la Culture à promouvoir le secteur de l’édition en s’appuyant sur l’existant…” Les éditeurs devraient faire du lobbying pour que leurs préoccupations fassent l’objet de débats, lors de la 25ème session de la Conférence ministérielle de la Francophonie qui s’est ouverte mardi dernier à Paris.
De son côté, le site d’informations AllAfrica.com, nous informe qu’un documentaire est réalisé sur le parc national de Gorongosa, qualifié de joyau ou de bijou, quand on se réfère à la faune et au tourisme au Mozambique. Selon l’article, le documentaire a pour but non seulement de montrer la richesse du parc mais aussi de participer à la restauration du parc dévasté durant la guerre qu’avait connue le pays. “The 50 minute film, produced by the National Park itself in partnership with National Geographic Television of the United States, shows not only the richness of the Gorongosa ecosystems, but also the attempts to restore the park after it’s had been devastated during the war of destabilisation”, lit-on sur AllAfrica.com dans son édition du 15 décembre.
Aux Etats-Unis, les fins d’année riment avec les sorties de films. C’est dans cette période qu’est sorti le film “Invictus”, dont l’acteur principal qui incarne Nelson Mandela, est le talentueux Morgan Freeman. Le site internet sud-africain Bizcommunity.com, évoque dans l’un de ses articles du 10 décembre, l’organisation de la Première du film “Invictus”, en Afrique du Sud en présence de l’acteur américain Morgan Freeman. Bizcommunity.com propose le résumé suivant du film, “In the film, Freeman portrays Nelson Mandela in the inspiring true story of how the newly elected South African president joined forces with Bok captain François Pienaar (played by Matt Damon) to help unite their country. In the wake of apartheid, president Mandela knows his nation remains racially and economically divided. Believing he can bring his people together through the universal language of sport, Mandela rallies behind the South Africa’s underdog rugby team as they make an unlikely run to the 1995 World Cup Championship match.” Le titre “Invictus” vient en fait d’un poème de l’écrivain et poète britannique décédé en 1903, William Ernest Henley. Voici les trois derniers vers de la version française du poème que je voudrais partager avec vous pour terminer la revue de presse de cette semaine :
Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme.
Une invitation à être ou tout au moins à essayer d’être le maître de notre destin, quoiqu’il arrive et quelles que soient les difficultés. Merci, bonne lecture, et bonnes fêtes de Noël et de Nouvel an à vous tous.
Récapitulatif des liens de la (re)vue du web numéro 12 de CinéAfrique.Org, couvrant la semaine du 11 au 18 décembre 2009 :
- Cinéma tunisien : Les fondements d’une relance vitale
- Hommages et projection de film à l’ouverture de l’édition 2009 du Festival du Film de Quartier
- Le directeur de Papyrus Afrique invite l’Etat à ‘’mettre de l’ordre’’ dans le secteur de l’édition
- Mozambique: Premiere of Film on Gorongosa Natonal Park
- Invictus draws praise
Les revues du web de CinéAfrique.Org mettent chaque semaine en lumière les meilleurs articles sur lesquels a porté notre veille. Il s’agit d’une sélection d’articles de presse en ligne, de liens de sites et de blogs, en somme ce qu’il ne faut pas manquer sur la toile concernant les acteurs, l’actualité du cinéma africain et de la culture Africaine, et non une prise de position de CinéAfrique.Org. Ils peuvent être récents, ou particulièrement vieux, et rentrent dans cette catégorie pour leur qualité ou leur intérêt. N’hésitez-pas à proposer les vôtres en commentant cet article.
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