Rencontre avec Joseph Gaye Ramaka, cinéaste sénégalais
« L’Afrique produit de moins en moins d’œuvres cinématographiques »

Joseph Ramaka
En marge de la 36ème conférence annuelle de l’association de littérature africaine (Ala) à Tucson, du 10-14 mars dernier, Joseph Gaye Ramaka, nous a accordé un entretien enrichissant sur son œuvre, les nouvelles tendances du cinéma sénégalais, et l’avenir du cinéma africain. Dans l’interview exclusive que nous partageons avec vous, il évoque les raisons qui l’ont poussé à réaliser le documentaire « Plan Jaxaay », film présenté à Tucson, Arizona. Il exprime également son incompréhension par rapport à l’attitude des autorités sénégalaises qui n’auraient pas pris la pleine mesure des dangers que vivent les populations dans la banlieue dakaroise, lors des inondations (le thème de « Plan Jaxaay ») que Dakar a connues ces quatre-cinq dernières années. L’auteur de films connus comme « Karmen », «Et si Latif avait raison ! », aborde aussi la question du piratage des films, l’une des plaies de l’entreprise cinématographique, ainsi que l’éternel problème du cinéma africain, celui de la diffusion des films.
Entretien audio de A.A. avec Joseph Gaye Ramaka au ALA 2010
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Joseph Gaye Ramaka interviewé par Anoumou Amekudji au ALA 2010, Tuscon
Liens :
- Biographie de Joseph Gaye Ramaka, sur Africultures
- « Plan Jaxaay », Diaporama : le docu-fiction de Joseph Gaye Ramaka en images!
Le blog de Joseph Gaye Ramaka
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Je n’ai pas encore digéré son adaptation de Carmen.
Gangoueus, merci de laisser un commentaire sur notre blog, a propos du film « Karmen » de Jo Ramaka. Effectivement, je serais tente d’etre d’accord avec vous quand vous ecrivez que vous n’avez « pas encore digere son adaptation de Carmen ». En effet, c’est une adaptation qui a laisse beaucoup de critiques et cinephiles avec des questions restees sans reponses a ce jour. Je ne reviendrai pas sur la polemique que le film a suscitee apres sa projection au Senegal, il y a presque dix ans. Je souhaiterais juste qu’on retienne de l’adaptation qu’a faite Jo Ramaka de « Carmen », l’idee que c’etait une beaute cinematographique, avec un choix reussi des couleurs, des acteurs qui ont su bien jouer leur role, en commencant par la geoliere, pour aboutir a Karmen, en passant par Lamine le caporal. Je souhaiterais aussi qu’on garde du film, la belle histoire d’amour entre karmen et Lamine. Je souhaiterais aussi que l’on garde aussi de « Karmen » la force de caractere de karmen, et de Ma, qui dans une scene a renvoye juste par ses mots, la police de son lieu de recreation, quand elle y est venue a la recherche de Karmen et Lamine, a l’apogee de leur amour.
j’aimerais revoir Karmen
je ne le trouve pas
comment faire???
De Luna, j’ai transmis votre message au cineaste lui-meme. Il vous repondra certainement.
Bonjour Anoumou,
Je tiens tout d’abord à saluer la qualité de votre site. Il fait un bien fou à la blogosphère africaine et de sa diaspora.
Je ne nierais pas l’esthétique des premières scènes. La preuve : près de 8 ans après cette projection dans une très grande salle parisienne, j’ai encore toutes ses couleurs, ses courbures, ses femmes belles, très belles.
L’actrice qui incarne Karmen Gueye a force nécessaire à ce rôle. Pour le reste, l’auteur a tenté d’adapter l’opéra de Mérimée à la place dakaroise et ça n’a pas pris. Je ne connais pas la réalité dakaroise, ses moeurs, mais je ne suis pas surpris par le fait que tu énonces : le public sénégalais a été scandalisé.
Que ce soit en littérature ou en cinéma, l’esthétique doit être au service d’un discours quand on traite de l’Afrique. La production cinématographique est tellement pauvre que je n’ai pas compris le sens d’un tel film. Peut-être que l’auteur n’avait pas les coudées libres vu que tout était financé par Paris…
Infiniment merci Gangoueus pour vos compliments a l’endroit du travail qui est mene sur CineAfrique. Des mots pareils nous poussent a continuer a ecrire et reflechir sur l’etat des cinemas et litteratures d’Afrique, et a avoir espoir que les choses changeront dans ce domaine. Je vois que vous vous interessez beaucoup a Karmen, a son esthetique, et au theme qui y est traite. En effet comme toutes les societes humaines, la societe senegalaise a ses regles, certaines ecrites, d’autres non, mais plus rigides. Meme si Karmen, version Jo Ramaka, a ete critique par une frange de la societe senegalaise, en partie en raison de certaines scenes qui peuvent paraitre osees, (meme si elles ne le sont pas vraiment de nos jours), il reste pour moi un film d’une bonne qualite technique, et doit etre percu ainsi.