La vie de bohème reste d’actualité

La Vie de bohème, Crédits : universcine.com

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Les films continueront à nous parler, à nous interpeller, à nous montrer que dans la vie le sentiment de bonheur est possible, peu importe la situation dans laquelle on vit. Les films ne cesseront de nous rappeler l’importance de l’autre dans notre existence. La vie de bohème du réalisateur finlandais Aki Olavi Kaurismäki, répond bel et bien à ces caractéristiques. Montré le 9 septembre dernier aux étudiants de Central Michigan University, par le professeur de français Daniela Teodorescu, le film La vie de bohème, sorti en 1992, reste encore d’actualité.

Dans ce long-métrage d’une heure et quarante minutes, le cinéaste finlandais nous entraîne dans la vie d’un homme prénommé Marcel, qui est contraint à quitter l’appartement dans lequel il vit, faute de pouvoir payer ses loyers. Le jour prévu pour son déménagement, le propriétaire arrive et constate que Marcel n’a rien sorti de l’appartement, alors que le nouveau locataire est déjà là avec la voiture de déménagement. Avant de quitter l’appartement, le propriétaire lui réclame trois mois de loyers qu’il est incapable de payer. Parti sans honorer ses engagements, Marcel se permet d’écrire à son ancien propriétaire pour lui dire que selon la loi, il ne peut sortir ses affaires de l’appartement avant un an. Les aléas de la vie de Marcel, bien qu’ils lui arrivent en Europe, sont malheureusement le lot quotidien d’un bon nombre de personnes à travers le monde, y compris dans les pays vraiment développés qui continuent à connaître des crises de logements, dont les conséquences sont inimaginables. L’un des aspects les plus intéressants du film, est cette foi en la vie, ce courage dont a fait preuve Marcel malgré les difficultés qu’il a connues. Il a continué à chercher un meilleur travail, à trouver les moyens pour se rendre à l’entretien d’embauche pour un emploi de rédacteur en chef dans un journal. N’ayant pas de veste digne de ce nom, il a pris celle d’un monsieur qui est venu se faire portraiturer chez son ami Rodolfo. Afin que le monsieur ne se rende pas compte de la supercherie, Rodolfo a fait traîner la séance de portrait jusqu’à ce que son ami Marcel revienne de l’interview. Des scènes difficiles à accepter, mais qui dénotent un certain sens de l’amitié. Le personnage de Rodolfo m’a beaucoup touché pour deux raisons principales. La première est liée à son statut d’immigré illégal en France, et sa déportation en Albanie son pays d’origine par la police française. Presque vingt ans après la sortie de La vie de bohème, des immigrés vivant en France ou dans d’autres pays occidentaux, y compris africains, sont toujours renvoyés chez eux sous prétexte qu’ils n’ont pas les documents de séjour en règle. Comme Rodolfo, un bon nombre d’entre eux passe par tous les moyens, pour retourner dans leur pays d’accueil parce que les situations politique, sociale, économique, ne sont pas favorables à une vie paisible dans leurs territoires d’origine. L’autre raison qui rend le personnage de Rodolfo intéressant est l’amour qu’il a pour son amie française, Mimi. Dans la maladie, il est resté très proche d’elle. Etant peintre, il a vendu tous ses tableaux pour payer les frais entraînés par l’hospitalisation de Mimi. Sachant à quel point Rodolfo la portait dans son cœur, que ses jours étaient comptés, et ne voulant pas lui faire tant de mal, Mimi a profité du fait qu’ils étaient au printemps, pour demander à Rodolfo d’aller lui cueillir des fleurs dehors. A son retour, il la trouve morte dans son lit. Ainsi finissent malheureusement certaines histoires d’amour très fortes et empreintes d’une grande sincérité. La vie de bohème, est un film en noir et blanc, très touchant, parfois très triste, mais en même temps plein d’espoir, en raison des histoires d’amitié, et des combats humains très forts pour un mieux-être dans la société.

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