Fespaco 2011 : «Bénéré» de Serge Armel Sawadogo

Le cinéma Burkina, a également servi de cadre à la projection de Bénéré, le 28 février dernier. En fait, le court-métrage de Sawadogo, traite de l’histoire d’une adolescente élevée par une mère seule. Cette dernière, veuve et frustrée de n’avoir pas fait les études dans son enfance comme elle l’aurait souhaité, déverse toute sa rancœur sur sa fille. Brillante élève et victime d’un mal mystérieux qui la ronge, la petite Bénéré est tenue dans l’ignorance du décès de son père qu’elle adorait. De même sa mère fait tout pour l’empêcher de mener à bien sa scolarité.

Au fil du temps, un autre malheur dont elles ignorent les guette pourtant. Il se présente sous le visage du frère cadet du défunt père de Bénéré. Ce dernier qui convoite la concession de son frère, n’hésite pas à recourir à la magie noire pour réduire sa belle-sœur à la folie. Le film pose ici tout le problème de la prise en charge des enfants dans nos sociétés traditionnelles. Et surtout celui de leur dire ou non la vérité sur des sujets qui pourtant les concerne. C’est aussi, le lieu de condamner la convoitise exacerbée qui conduit aux desseins funestes. C’est un reproche à peine voilé qui s’adresse à la plupart des hommes en Afrique, qui s’abstiennent de tout effort pour se construire une vie, et attendent peut-être le décès de leur frère pour prétendre s’approprier femme, enfants et surtout les biens!

La force du film est que l’on aborde la question de l’enjeu traditionnel qui régit presque la société dans un pays comme le Burkina, reste encore conservateur de sa tradition.

Anne-Eli Ngo Minka et Anoumou AMEKUDJI

Brèves & Divers, fespaco 2011




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