Fespaco 2011 : «Julie et Roméo» de Boubacar Diallo

L’Amour quand tu nous tiens!

Ah si Shakespeare pouvait ressusciter! La passion amoureuse de ses amants a inspiré tellement d’adaptations qu’il ne manquait au tableau que Roméo et Julie à l’africaine. Le cinéaste burkinabè, Boubacar Diallo, vient ainsi combler le vide, en réalisant d’une belle manière le long-métrage «Julie et Roméo». Le 28 février au cinéma Neerwaya, le film a reçu une franche ovation à la fin de sa projection. Une ovation qu’il mérite totalement, car il a comblé les attentes des spectateurs venus nombreux satisfaire leur curiosité. Ils n’ont pas été déçus. «Julie et Roméo», conduit le spectateur à la découverte de l’amour entre une jeune femme moderne et libérée et un jeune homme pas fortuné. Confiants en leur amour et résistants à toutes les tentations de part et d’autre, les deux jeunes tourtereaux parviennent à imposer leur amour et à se fiancer. Mais c’est sans compter avec la ténacité de l’héritage de la haine, avec une histoire passée un siècle plus tôt qui vient compromettre leur idylle.

Il n’en faut pas plus pour que leur univers bascule. Le réalisateur s’emploie alors à nous faire suivre dans une narration qui emprunte aux codes culturels africains, la tradition orale, l’art de conter et de maintenir le suspense et l’attention du spectateur. La magie de la fiction a alors illuminé le spectateur entre les tours de passe-passe et les étonnants rebondissements, qui à la fin permettront aux amoureux bien vivants de célébrer leur amour. Le spectre de la mort a été vaincu au profit de l’amour grâce aussi à la tradition africaine, dont le réalisateur par cette fin heureuse fait l’éloge et l’apologie.

Anne-Eli Ngo Minka et Anoumou AMEKUDJI

Brèves & Divers, Critiques, Extraits de films, fespaco 2011




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