Fespaco 2011 : «On n’oublie pas, on pardonne» d’Annette Kouamba Matondo

Le prix à payer pour le pardon

Projeté le 1er mars à l’Institut français de Ouagadougou, salle du Grand Méliès, le film «On n’oublie pas, on pardonne», revient sur les crimes commis lors de la guerre au Congo Brazzaville. Dans le documentaire, la jeune réalisatrice va à la rencontre d’une comédienne qui au mépris de la peur qui entoure ce sujet, a choisi de le dénoncer dans les pièces qu’elle compose et joue. Le problème du «Beach» est un secret d’état au Congo. Un procès a été mené à la hâtive sous la pression de la communauté internationale pour dénoncer les massacres de milliers d’innocents du Beach.

Dans la dénonciation des crimes perpétrés, la jeune réalisatrice suit les pas de son aînée pour utiliser l’art au service de l’information et remédier à l’oubli du temps. Le titre «on n’oublie pas, on pardonne», est assez fort dans ce sens. Il sonne comme un devoir de mémoire pour les milliers de disparus, et une incitation à la prise en compte des injustices subies, des vies brisées. C’est le pari fait par la nouvelle vague de réalisateurs documentaristes africains qui à travers leurs films s’impliquent dans le réel de leurs sociétés et font part au monde de leurs combats et initiatives.

Le documentaire «on n’oublie pas, on pardonne », n’est pas un chef d’œuvre technique, mais il fait état de la naissance d’un nouvel essor de techniciens africains et réalisateurs qui au-delà de l’essai parviennent à faire part de leurs idées. Le film est assez émouvant, dans certaines séquences, où la réalisatrice qui a vécu la perte de sa sœur aînée dans les circonstances non encore élucidées, se laisse aller à l’émotion. Nous sommes face à un film d’auteur mais dont on accorde le mérite à la réalisatrice d’avoir su dépasser le cadre d’une histoire personnelle pour en faire une préoccupation nationale voire internationale, dans le respect des droits inhérents à la condition humaine, précisément celui de savoir ce que deviennent les personnes « portées disparues».

Anne-Eli Ngo Minka et Anoumou AMEKUDJI

Brèves & Divers, Commentaires, Critiques, fespaco 2011




Si vous avez apprécié cet article, pensez à laissez un commentaire ou abonnez vous au flux et recevez les prochains articles dans votre lecteur RSS.

Laissez un Commentaire

(obligatoire)

(obligatoire)