Entretien avec Christophe Ngaroyal, acteur tchadien

“Je suis convaincu que le film Un homme qui crie va gagner l’étalon d’or de Yennenga”

Dans l’interview réalisée au cinéma Burkina, le 3 mars dernier, l’acteur de cinéma, Christophe Ngaroyal, fait part des chances du long-métrage Un homme qui crie de gagner l’étalon d’or de Yennenga. Il aborde aussi la question du cinéma au Tchad, et la réouverture d’une grande salle de cinéma à Ndjaména, la capitale.

Entretien de A.A. avec Christophe Ngaroyal, acteur tchadien

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Christophe Ngaroyal, Fespaco 2011

Christophe Ngaroyal, Fespaco 2011

Entretien réalisé par Anoumou AMEKUDJI

fespaco 2011, Interviews, Podcast

Fespaco 2011 : Interventions de CinéAfrique sur les antennes de la BBC

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Au cours de la vingt-deuxième édition du Fespaco, qui s’est tenue à Ouagadougou, du 26 février au 5 mars, CinéAfrique est intervenu à trois reprises sur les antennes de BBC Londres. Ces interventions ont été diffusées par le service francophone de BBC Londres, pendant la période du festival. Aujourd’hui, nous vous proposons ces contributions dans lesquelles, il a été question de la participation béninoise au Fespaco, du film Pegase qui a obtenu l’étalon d’or de Yennenga, et du bilan de la dernière édition du Fespaco. D’autre part, ces échanges avec le journaliste Lamine Konkobo de BBC Londres, ont été l’occasion pour CinéAfrique d’aborder l’état du cinéma africain en général, et en Amérique du Nord en particulier.

Fespaco 2011 - Intervention Club BBC - Cinéma Béninois

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Fespaco 2011 - Intervention Club BBC - L'étalon d'Or : Pégase

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Fespaco 2011 - Intervention Club BBC - Bilan du Festival

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fespaco 2011, Interviews, Podcast

Echanges avec Mme William St-Hilaire, présidente de la Fondation Metropolis bleu

«La culture africaine est riche et diversifiée et c’est ce que Metropolis bleu a voulu mettre en avant…»


William St-Hilaire presidente de la Fondation Metropolis bleu

William St-Hilaire


La treizième édition du Festival littéraire Metropolis bleu, aura lieu à Montréal, du 27 avril au 1er mai. La nouvelle présidente de Metropolis bleu, Mme William St-Hilaire, parle dans cet entretien de la particularité du festival littéraire qu’elle organisera dans les semaines à venir, et des nouveautés de la prochaine édition. Mme St-Hilaire, écrivaine, et auteur de plusieurs livres dont Les femmes planètes, évoque aussi la conférence sur la littérature engagée, qui sera organisée à l’intention des enfants. La présidente du festival, annonce qu’une séance de contes africains est inscrite au programme du prochain festival. Elle précise également, qu’un hommage sera rendu à Edouard Glissant, poète, romancier, théoricien de la littérature, disparu en février dernier à Paris.

Anoumou Amekudji : Qu’est-ce qui fait la particularité du festival littéraire Metropolis bleu par rapport aux autres rencontres littéraires qui ont lieu un peu partout dans le monde?

Mme William St-Hilaire : Le Festival Metropolis bleu est le festival multilingue le plus important au monde. Multilingue et résolument ouvert à la diversité : culturelle, des genres littéraires, recevant cette année plus de 150 auteurs, dont 35 proviennent de 12 pays représentant 7 langues différentes. Au fil des ans, nous avons présenté des événements en français, en anglais, en espagnol, mais aussi en italien, en arabe, en yiddish, en chinois, etc. Nous rejoignons ainsi les membres des communautés culturelles établies à Montréal dans un esprit de convivialité et d’intégration. De plus, Metropolis bleu offre un volet de littérature jeunesse substantiel avec pas moins de 75 activités offertes gratuitement et destinées aux 12 ans et moins et à leurs parents.


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Interviews

“Le voyage à Alger” sacré Kzoo d’or 2011

La dixième édition du Festival du film francophone de Kalamazoo dans l’Etat du Michigan, a pris fin le 20 mars dernier. Le long-métrage « Le voyage à Alger » du cinéaste franco-algérien, Abdelkrim Bahloul, a obtenu le Kzoo d’or, le prix qui récompense le meilleur film choisi par les festivaliers eux-mêmes. Le cinéaste était présent à Kalamazoo, aux deux projections qui ont eu lieu les 19 et 20 mars, en présence d’un public très touché par le thème, et les personnages choisis pour le mettre en scène.

« Le voyage à Alger », nous ramène aux moments de la guerre d’indépendance en Algérie, et permet au spectateur de vivre le parcours d’une jeune femme, qui a perdu son mari au cours des hostilités entre les combattants algériens et français. Après la guerre, un des officiels français quitte l’Algérie, et offre sa maison à la jeune femme, pour qu’elle ne se retrouve pas dans la rue avec tous ses enfants. A peine, elle a aménagé dans la nouvelle maison, qu’elle reçoit la visite d’un responsable local de la ville de Saïda, qui affirme que la maison lui avait été attribuée. Ainsi commence la lutte d’une femme, pour la justice, pour la dignité, et surtout pour que ses enfants puissent vivre dans une nouvelle société, débarrassée des démons du passé.

La lutte pour la justice, conduit la veuve de guerre à Alger, accompagnée d’un de ses plus jeunes garçons, pour tenter de rencontrer le nouveau president algérien de l’époque. Bien qu’elle n’ait pas pu rencontrer le président, la jeune mère de six enfants, fut reçue par un colonel. Convaincue par sa plaidoirie, le colonel lui a promis de faire le nécessaire, pour qu’elle ne soit pas expropriée par l’autorité locale qui veut lui prendre sa nouvelle maison. Promesse faite, promesse tenue, le colonel envoie à Saïda, des hommes de main, chargés de faire entendre raison au monsieur qui cherchait à tout prix à confisquer la nouvelle demeure de cette de femme de martyr. De retour chez elle à Saïda, la veuve doit prendre une décision assez grave : elle doit choisir entre laisser les hommes des services de renseignement venus d’Alger, tuer l’autorité locale qui voulait prendre sa maison, ou leur donner l’ordre de la laisser libre. Pensant à son mari, à la manière dont il avait été tué pendant la guerre, à l’émotion qu’elle a ressentie en voyant son corps par terre, en pleine brousse, elle n’a pas pu ouvrir la bouche pour dire quoi que ce soit. Son petit-frère, qui devait aller rendre compte aux hommes qui détenaient le monsieur en prison, de sa décision, a assimilé son silence au pardon.

Abdelkrim Bahloul, nous pose à travers « Le voyage à Alger » une question essentielle : doit-on pardonner à toute personne qui nous enlève un être cher, peu importe la voie empruntée, ou de manière générale, doit-on pardonner à tous ceux qui nous ont fait du mal? Le réalisateur franco-algérien, semble opter pour le pardon, et la réconciliation, à travers l’un des plus jeunes enfants de la veuve de guerre, chargé de transmettre aux hommes de main du nouveau régime algérien, la décision de sa mère. Celle de pardonner à l’homme qui était jaloux de sa nouvelle maison.

Abdelkrim Bahloul a reçu son premier Kzoo en 2004, pour son film « Le soleil assassiné ». L’autre cinéaste africain, en compétition pour le Kzoo d’or 2011, est le Burkinabè, Abdoulaye Dao, à travers son film « Une femme pas comme les autres ».

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Fespaco 2011 : «Le poids du serment» de Kollo Daniel Sanou

Quand l’un trahit l’autre

Le film présenté le 1er mars dernier au cinéma Burkina a fait salle comble et pour cause, ce n’était pas seulement la nationalité burkinabé du film qui a fait courir les nombreux cinéphiles venus assister à la représentation, mais plutôt la thématique abordée.

«Le poids du serment» raconte l’histoire des Dozos, la confrérie mythique des chasseurs qu’on retrouve dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest. Dans le film, l’histoire racontée est celle de deux amis Nyama et Sibiri qui intègrent la confrérie des chasseurs et prêtent serment d’en respecter les règles et lois. La première loi est de ne jamais se trahir et toujours se porter secours en cas de danger. Mais à cause de la convoitise qu’il a toujours eue à l’endroit la femme de son ami, au cours d’une partie de chasse Sibiri assomme Nyama et le pousse dans un puits. Il revient au village avec une histoire qui est totalement éloignée de la réalité et convainc tout le monde de la mort de son «ami».

Sitôt les funérailles terminées, il s’installe sur le terrain laissé vide par Nyama et entreprend de conquérir sa femme. Mais Nyama qui n’est pas mort est découvert amnésique par un groupe de religieux, qui parviennent à le convertir. Mais par un curieux hasard, il revient avec eux dans son village dont il ne se rappelle plus de rien. Mais la rencontre avec Sibiri lui fait revenir la raison. Sibiri quant à lui qui le croyait mort, perd la raison. Nyama, désormais sous l’emprise de la secte qui l’avait retrouvé et entretenu après l’incident avec son ami Sibiri, renie sa tradition et repart en ville avec les autres fidèles de la secte.

«Le poids du serment» est la confrontation entre deux cultures. La culture étrangère et la culture traditionnelle. Mais c’est la tradition qui l’emporte à la fin, comme une exhortation du cinéaste à un retour aux sources. Le film aborde le thème de la croyance, et fait presque l’apologie des croyances traditionnelles africaines. On pourrait ainsi parler d’un retour aux premiers thèmes des films africains d’après les indépendances, qui pour répondre au déni de la culture africaine des cinéastes colonialistes, abordaient presque tous la revendication identitaire de nos cultures. Le mystère qui entoure la confrérie des chasseurs Dozos fait que ce film a un intérêt particulier, surtout pour la jeune génération africaine qui est en perte de repères culturels. Le film du Burkinabè Kollo Daniel Sanou, traite aussi de la prolifération des églises et des gourous véreux et cupides qui abusent de la naïveté des fidèles.

La construction du film est assez simplifiée, et on note quelques ratés sur les plans du scénario et de la technique. La prise de vues fait défaut dans le changement de l’échelle de valeurs, ce qui entraîne forcément un montage désarticulé. On retiendra par exemple que le sous-titrage est truffé de fautes grammaticales ou orthographiques qui choquent énormément le spectateur. Cela est peut-être dû à la négligence ou à la hâte de monter le film pour l’édition 2011 du Fespaco. Malgré tout, ce sont des erreurs qui discréditent un peu une certaine partie du cinéma africain. Ce qui fait une entorse remarquable au film.

Anne-Eli Ngo Minka et Anoumou AMEKUDJI

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